J’ai découvert ce livre par hasard au début de l’été. Il m’avait intriguée avec sa mise en page mêlant roman et poésie et son thème central : la mer. La mer sous toutes ses formes. La mer vue à travers les yeux de nombreux personnages. Ce livre pourrait s’appeler « la mer : ses vies et ses vices». La mer dans tout ce qu’elle a de plus magnifique et romantique, mais aussi vue à travers les nombreuses angoisses qu’elle suscite et cette fascination malsaine qu’elle peut exercer parfois. Ce livre est vraiment à part dans l’univers de la littérature. Inclassable dans une catégorie ou un style, il se démarque par son originalité tant au niveau de la forme que du contenu. On ne veut le catégoriser. C’est un livre qui se ressent, se vit au plus profond. Un livre qui laisse des traces de sel sur la peau et l’âme. On ne fait pas le tour du thème de la mer, on y plonge en plein cœur, on en est submergé. Elle nous berce, nous remue, de page en page, jusqu’à nous faire même toucher le fond parfois. Et quand elle le touche c’est avec violence, mais c’est pour nous permettre de voir la lumière qui scintille en surface… Barrico alterne de main de maître des passages doux, poético-romantiques et des passages crus, d’une cruauté sans nom. Le beau et l’affreux se côtoient sans cesse dans une étreinte unique. Du début à la fin, Barrico ne cesse de nous surprendre, d’une façon différente à chaque fois. Ce fut mon premier livre de Barrico, et je n’ai qu’une envie, en découvrir d’autres. Vivre encore l’expérience hors du commun que nous offre cet auteur de génie.Extrait :
« La mer. La mer ensorcelle, la mer tue, émeut, terrifie, fait rire aussi parfois, disparaît, par moments, se déguise en lac ou alors bâtit des tempêtes, dévore des bateaux, elle offre des richesses, elle ne donne pas de réponses, elle est sage, elle est douce, elle est puissante, elle est imprévisible. Mais surtout, la mer appelle. Tu le découvriras, Elisewin. Elle ne fait que ça, au fond : appeler. Jamais elle ne s'arrête, elle pénètre en toi, elle te reste collée après, c'est toi qu'elle veut. Tu peux faire comme si de rien n'était, c'est inutile. Elle continuera à t'appeler. Cette mer que tu vois et toutes les autres que tu ne verras pas mais qui seront là, toujours, aux aguets, patientes, à deux pas de ta vie. Tu les entendras appeler, infatigablement. Voilà ce qui arrive dans ce purgatoire de sable. Et qui arriverait dans n'importe quel paradis, et dans n'importe quel enfer. Sans rien expliquer, sans te dire où, il y aura toujours une mer qui sera là et qui t'appellera. »














