« Il y a un temps où ce n’est plus le jour, et ce n’est pas encore la nuit. Il y a bien du bleu dans le ciel, mais c’est une couleur pour mémoire, une couleur pour mourir. On voit ce qui reste de bleu, et on n’y croit pas. La dernière lumière s’en va. Elle a fini son travail qui était d’éclairer les yeux et d’orienter les pensées, et maintenant elle s’en va. Elle glisse du ciel sur les arbres, puis des arbres sur la terre. Quand elle touche le sol, elle est toute noire et froide. On regarde. Ce n’est qu’à cette heure-là que l‘on peut commencer à regarder les choses, ou sa vie : c’est qu’il nous faut un peu d’obscur pour bien voir, étant nous-mêmes composés de clair et de sombre.» Christian Bobin, Lettres d’or, 2003.
Que dire de plus? Christian Bobin dépeint à merveille, comme il sait tant le faire, la dualité du crépuscule, cette heure sur le fil entre le jour et la nuit, qui reflète avec une si grande vérité notre essence même. Mi-lumière, mi-ombre.
Des mots. Des couleurs. De l’émotion.
12 juin 2008
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