
Il est de ces jours pour lesquels le refrain des tambours battant est un pieu. Ces jours dont le semblable aux autres nous alourdit sans ménagement de plusieurs décennies, et le regard que nous traînons derrière nous n’a plus d’existence que par la fascination craintive de l’ultime consomption.
Les pages vaporeuses du quotidien se tournent au rythme de secondes infinies, dont la trace s’assèche en poignée de sable poussiéreux qui fuit entre nos gerçures.
Est-ce la fureur de ces jours vides qui nous pousse à espérer l’embrasement, est-ce le manque d’air de nos mondes éparpillés qui insuffle en nous le désir d’une histoire qui se consume?
L’étincelle au fond d’une poche, nous écrivons au coin d’une heure, sur un bout d’âme en dentelle, un conte dans lequel la terre s’est arrêté de tourner, une élégie où les nuits ne brillent qu’à l’ombre des songes ayant tout perdu. Vouloir s’endormir d’usure pour s'ouvrir à l’épaisseur d’une comédie dramatique, sans pudeur et sans regret, avec toute la passion d’un soupir accablé de visages opaques, avec la volonté de ne plus rien voir ou entendre.
D.V.